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Vladimir Poutine a menacé Renault vendredi pour l'inciter à aider l'Etat russe à renflouer le constructeur en difficulté Avtovaz.
"Soit ils (Renault) participent au financement de l'entreprise, soit nous devrons nous mettre d'accord sur la répartition de nos participations", a déclaré le Premier ministre russe à des responsables politiques.
"En ce qui concerne la modernisation, nous devons parler aux partenaires étrangers, Renault et Nissan. Nous avons déjà donné à Avtovaz la première tranche de 25 milliards de roubles et avons évité la dilution de leur participation (de Renault)", a-t-il ajouté.
Le constructeur français, qui a acquis 25% d'Avtovaz, le producteur de la Lada, pour plus d'un milliard de dollars il y a deux ans, s'est refusé à tout commentaire dans l'immédiat.
Des dirigeants de Renault et Nissan se sont rendus chez Avtovaz vendredi. Ils ont discuté coopération dans la production et les achats de pièces automobiles, ainsi que de nouveaux modèles, a indiqué Avtovaz dans un communiqué, sans plus de commentaire.
Selon le droit russe, une participation ne permet de bloquer les décisions du conseil d'administration que si elle s'élève à 25% au moins.
L'Etat russe détient 25% d'Avtovaz, le courtier Troika Dialog 25%, Renault 25%, le restant étant en Bourse.
Le dossier examiné au Kremlin le 6 octobre
Pour Mikhaïl Liamine, analyste à la Banque de Moscou, Vladimir Poutine veut que Renault accélère ses transferts de technologie vers Avtovaz, avec notamment une licence pour fabriquer des moteurs et des systèmes de transmission.
"Tout le monde, y compris les Français, comprend que si on ne soutient pas Avtovaz maintenant, cela finira très mal", explique-t-il.
Mercredi, le quotidien économique Kommersant écrivait que Renault éviterait une dilution de sa participation en achetant des actions AvtoVAZ supplémentaires qu'il pourrait payer avec une licence et des équipements pour l'assemblage de la Logan.
Avtovaz, qui produit encore des Lada sur des équipements datant des années 1960, a survécu pendant des années grâce à des injections de fonds publics.
Des espoirs de modernisation sont apparus avec l'entrée de Renault au capital, mais, avec la crise, de nombreux plans de restructuration ont dû être remis à plus tard. Avtovaz s'attend à une perte nette de près de 685 millions d'euros cette année.
La direction d'Avtovaz a réduit les horaires de travail et les salaires pour tenter d'éviter des licenciements massifs, avant de se résoudre à annoncer un vaste plan social la semaine dernière et à demander des fonds publics supplémentaires.
Avtovaz a annoncé son intention de supprimer 27 600 emplois, soit un quart de ses effectifs.
Le ministre des Finances Alexeï Koudrine a déclaré que c'était la dernière fois que l'Etat aiderait Avtovaz, éventuellement en augmentant sa participation. Il a aussi dit qu'il allait demander une importante restructuration.
"Je ne pense pas qu'Avtovaz mourra", a déclaré Alexeï Koudrine.
Le gouvernement prévoit de discuter du dossier Avtovaz le 6 octobre. La constructeur a demandé l'autorisation d'emprunter 12 milliards de roubles (272,5 millions d'euros) pour indemniser les salariés licenciés.
Vendredi, le premier vice-Premier ministre Igor Chouvalov a demandé à Vladimir Poutine de lui donner deux semaines supplémentaires pour lui laisser le temps d'évaluer précisément les besoins de financement d'Avtovaz. Il a estimé qu'Avtovaz devrait supprimer 5 000 postes d'ici la fin de l'année.
Reuters